Avant-garde exaltant avec anOther

L’expérience d’une dimension très très dark à l’Agora de la danse

Les amateurs d’art underground et d’avant-garde seront servis en allant voir anOther, présenté à l’Agora de la danse jusqu’au 14 avril.

 

À mi-chemin entre installation artistique, performance et concert, l’oeuvre nous rentre dedans, de la première seconde à la dernière. C’est vivant, dans une atmosphère très très dark!

C’est une installation de 24 écrans de télévision cathodique, récupérés par l’artiste vidéo Sonya Stefan, qui nous accueille, sur fond de bourdonnement sonore. Puis, pendant que les images expérimentales défilent de façon saccadées et défaillantes, entre en scène des êtres étranges. L’un se veut spectateur, même voyeur à la façon sadomasochiste... L’autre prend naissance là où nous ne l’attentions pas. 

 

Dans anOther, la chorégraphe et interprète Dana Gingras, connue pour changer les règles du jeu et repousser sans cesse les limites, propose un corps en transformation. 

 

On distingue, peu à peu, une autre pièce, un espace lointain, d’où provient le flux sonore. C’est Group A - Tommi Tokyo et Sayaka Botanic - duo Tokyoïtes installé à Berlin, qui produit des sons industriels underground. La tension constante devient vite complètement euphorisante. On retient notre souffle et puis on en vient à ne plus savoir comment respirer. Si vous aimez ce qui est fort et lourd, c’est une extase pour les oreilles!

 

L’ambiance auditive est une vague incessante créée à l’aide de synthétiseurs, de machines à percussions, d’un violon, d’un magnétocassette et d’un échantillonneur. À certains moments, les artistes apportent des notes minimales japonaises sur leur synth-gothique ou des sons venus d’un autre monde rappelant les films d’extraterrestres. C’est très berlinois dans la façon de fesser fort, électroniquement et visuellement parlant, parce qu’il faut aussi mentionner leur apparence à la fois mystérieuse et inquiétante. Ces filles-là sont tellement edgy qu’elles se classent catégoriquement dans le gang post-féminin, tout comme « the Other »,  le corps frémissant devant notre regard. Puis, quand elles s’arrêtent de jouer, on en vibre encore...

1/3

Et que dire des jeux de lumières savamment décalés, créés par le finlandais Mikko Hynninen. Ils réussissent à tromper notre esprit à certains moments, si bien que l’on croirait devenir schizophrène. Avec les réflexions lumineuses sur le corps couvert de latex noir et les alternances stroboscopiques de vert et de mauve, les mouvements deviennent presque irréels. Accompagnés de la dimension de l’éloignement, ils viennent aussi à nous faire douter de la réelle présence sur scène des musiciennes. Sont-elles vraiment devant nous, ou est-ce aussi une projection?

 

anOther, de l’expérimental jubilatoire qui nous emmène résolument dans une autre dimension.

Présenté à l’Agora de la danse

Les prochaines représentations:

11 au 13 avril - 19 h 

14 avril - 16 h 

Lien de l’évènement: ICI

Et pour découvrir Group A, un réel coup de coeur de notre part:  ICI

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