Coups de coeur culturels du mois de mai

3 productions d’ici qui ébranlent, chacune à leur façon

Le mois de mai marque la fin des saisons culturelles dans les différents théâtres de Montréal. Pour clore avec brio cette belle année de théâtre et de performances, nous vous présentons trois coups de coeur qui, à leur façon, ont su nous ébranler, ce mois-ci.

La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé

Un thriller à saveur régionale de Michel Marc Bouchard, présenté au TNM

La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé, présenté au Théâtre du Nouveau Monde du 14 mai au 8 juin, avec 8 supplémentaires du 9 au 16 juin, est une nouvelle oeuvre originale de Michel Marc Bouchard, dans une mise en scène de Serge Denoncourt, avec qui il signe une huitième création en tandem.

Quand elle était enfant, Mireille Larouche faisait des insomnies, et la nuit, elle se promenait de maison en maison pour regarder les gens dormir. Mais un soir, Laurier Gaudreault, son voisin, se réveille... La pièce commence trente ans plus tard : Mireille est devenue une célèbre thanatologue, internationalement reconnue. Pour la première fois depuis plus de dix ans, elle revient chez elle, au Lac-Saint-Jean, pour embaumer le corps de sa mère. Elle y retrouve ses trois frères et sa belle-sœur qui, eux, sont restés au village. Quand les lourds secrets du passé refont surface, on cherche à rétablir la vérité pour enfin faire la paix... Avec les autres, et avec soi-même.

Michel Marc Bouchard, l’un de nos plus grands auteurs québécois, qui a écrit plus de vingt-cinq pièces, traduites en plusieurs langues et jouées de par le monde, soumet ici une oeuvre intimiste qui prend place dans son Lac‐Saint‐Jean natal, où sont explorés les préjugés sociaux et les rancœurs familiales, dans un théâtre dramatique. Pourquoi Mireille n’est-elle pas revenue aux sources depuis 11 ans? Pourquoi tant de tensions entre les membres de cette famille? Que s’est-il passé cette fameuse nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé? 

 

Dans un texte dont la force d’écriture n’est pas sans rappeler Les Feluettes et Tom à la ferme, on assiste à une montée dramatique parsemée d’humour et de rebondissements dignes des grands thèmes de l’auteur (les secrets de famille, le tabou de l’homosexualité, l’argent...) pour découvrir les lourds secrets du passé qui refont peu à peu surface. Les personnages cherchent à rétablir la vérité, pour enfin faire la paix avec les autres et avec eux-même.

 

C’est Julie Le Breton qui incarne le rôle principal, celui de Mireille, entourée d’une troupe chevronnée, composée de Éric Bruneau, Kim Despatis, Patrick Hivon, Magalie Lépine-Blondeau et Mathieu Richard. 

Pour plus d’informations sur La nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé : ICI

Chansons pour filles et garçons perdus

Une stonerie poétique, au CTD’A X PDA

Après avoir été présenté au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui du 23 avril au 4 mai, Chansons pour filles et garçons perdus a ensuite déménagé dans la Cinquième Salle de la Plage des Arts du 9 au 19 mai, où nous l’avons vu. Imaginé par Loui Mauffette, ce spectacle éclaté et jubilatoire célèbre les mots et la poésie, transmis en près de trois heures, par une quinzaine d’artistes et interprètes.

 

Mêlant poésie, prose, musique et danse, ce spectacle étonnant invite à un voyage dans l’univers des poètes québécois, dans leur imaginaire, leur ressenti, leurs observations de la vie et du territoire. C’est comme si nous assistions à un espèce d’happening où une bande d’artistes talentueux performaient leurs best of des textes ayant marqué notre nation. De Wadji Mouawad à Émile Nelligan et André Gagnon, de Leonard Cohen à Lisa Leblanc, de Luc Plamondon à André Fortin... 45 oeuvres réunies sous forme de stonerie poétique nous donnant conscience de la richesse des auteurs d’ici.

 

Réunis sur scène, Benoit Landry, Nathalie Breuer, Guido Del Fabbro, Kathleen Fortin, Émilie Gilbert, Roger La Rue, Pierre Lebeau, Jean-Simon Leduc, Gabriel Lemire, Macha Limonchik, Mylène Mackay, Catherine Paquin Béchard, Jean-Philippe Perras, Adèle Reinhardt et Marie-Jo Thério.

Loui Mauffette est un enfant des années soixante. Une partie de son cœur n’a pas vieilli : un père animateur à la radio avec ses Soirs qui penchent, des visites notoires à la maison familiale, des illuminations au bord du fleuve, des chagrins inconsolables... Et surtout des souvenirs hauts en couleur, trop imprégnés dans sa mémoire pour disparaitre aujourd’hui.

Pour plus d’informations sur Chansons pour filles et garçons perdus : ICI & ICI

Introduction à la violence

La douce histoire d’un assassin à une enfant qui ne veut pas dormir

Introduction à la violence, qui a été présenté à l’Usine C du 1er au 4 mai 2019, est le premier segment d’un spectacle hybride pour adulte, créé par Marie Brassard. Accompagnée d’une artiste en arts visuels qui projette des images surréalistes et d’un musicien qui crée des tonalités sonores ambiantes, Marie Brassard nous présente un théâtre expressionniste percutant. 

 

Pendant près d’une heure quinze, elle nous hypnotise carrément, avec une force incroyable à raconter des histoires.

Dans un espace nébuleux, des voix se mélangent pour raconter les fragments d’une histoire rêvée par un assassin à une enfant qui ne veut pas dormir.

 

Plus que jamais en ces temps incertains, l’art est outil de résistance à la violence ambiante dont le grondement sourd nous parvient de toutes parts. Mélange d’art visuel et sonore, de réalisme cinématographique et de théâtre expressionniste, ce spectacle est un hommage à l’imagination claire d’une enfant, dont l’écho résonne au plus profond de nous tous. 

 - Marie Brassard

En plus de livrer une prestation intime avec la technologie, elle propose un reflet profond et chaotique entre l’esprit et la réalité, entre privé et public.

 

Auteure, metteure en scène et actrice, Marie Brassard est aussi directrice artistique de sa propre compagnie de production, Infrarouge. Elle est reconnue pour créer des spectacles à l’atmosphère surréaliste, intégrant vidéo, lumières et sons, en étroite collaboration avec des musiciens et des artistes visuels. En 2016, elle a d’ailleurs été décorée de l’Ordre des Arts et des Lettres du Québec, pour souligner son apport exceptionnel au milieu artistique québécois.

Pour plus d’informations sur Introduction à la violence : ICI

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