FNC 2021: sélection de projections en salle

5 films en première à voir absolument

En cette 50e édition du Festival du nouveau cinéma, avec un retour en salle (YÉ!) et des projections présentées à Montréal jusqu’au 17 octobre, nous vous avons préparé une liste de recommandations, de quoi inspirer votre sélection.

-  Les Incontournables  -

FNC2021: The Power of the Dog

The Power of the Dog

Jane Campion  |  Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada

Long métrage de Fiction  |  128 minutes

VO anglais, sous-titres français

Après une première mondiale à la Mostra de Venise où le film remportait le Lion d’argent de la meilleure réalisation, The Power of the Dog (Le pouvoir du chien) de Jane Campion est présenté en primeur à Montréal, grâce à la collaboration de son producteur québécois Roger Frappier (Max Films) et au soutien de Netflix. À cette occasion, la réalisatrice néo-zélandaise et première femme récipiendaire de la Palme d’or à Cannes pour La leçon de piano en 1993, se voit remettre une Louve d’honneur soulignant l’ensemble de sa carrière d’exception.

Originaires du Montana, les frères Phil et George Burbank sont diamétralement opposés. Autant Phil est raffiné, brillant et cruel – autant George est flegmatique, méticuleux et bienveillant. À eux deux, ils sont à la tête du plus gros ranch de la vallée du Montana. Une région, loin de la modernité galopante du XXème siècle, où les hommes assument toujours leur virilité et où l'on vénère la figure de Bronco Henry, le plus grand cow-boy que Phil ait jamais rencontré. Lorsque George épouse en secret Rose, une jeune veuve, Phil, ivre de colère, se met en tête d'anéantir celle-ci. Il cherche alors à atteindre Rose en se servant de son fils Peter, garçon sensible et efféminé, comme d'un pion dans sa stratégie sadique et sans merci...

Ce western moderne, adapté du roman du même titre de Thomas Savage, met en vedette les brillants Benedict Cumberbatch, Kirsten Dunst et Jesse Plemons. Cinéma de contemplation, il tire son pouvoir d’images lentes et grandioses encadrant un scénario aux puissants non-dits, typique de la grande réalisatrice, où chaque détail a un sens beaucoup plus grand. Amateurs de la psychanalyse du cinéma serez, une fois de plus, servis dans celui de Jane Campion, qui renverse ses modèles habituels et plonge au coeur du patriarcat, où l’homme est régisseur de son milieu, alors que la femme représente l’émotivité et reste majoritairement passive face aux éléments. Cependant, vous vous douterez que le texte original n’aurait attiré l’attention de cette figure du féminisme à l’écran s’il n’était pas empreint de subtilités venant brouiller les cartes!

 

Il s’agit d’une merveilleuse occasion de voir le film, dans l’ambiance du Festival, avant sa sortie en salle au Canada le 19 novembre. Le film sera également disponible à travers le monde sur Netflix à compter du 1er décembre 2021, cependant c’est vraiment le genre d’oeuvre qui se doit d’être appréciée sur grand écran.

Jeudi 14 octobre 2021 - 20 h 10 - Cinéma du Musée

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FNC2021: The Worst Person in the World

The Worst Person in the World (Verdens Verste Menneske)

Joachim Trier  |  Norvège, France, Suède, Danemark

Long métrage de Fiction  |  127 minutes

VO norvégien, sous-titres anglais

Nous sommes littéralement tombés en amour devant cette pépite des pays scandinaves! Une oeuvre résolument moderne, fraîche et touchante, rehaussée d’acteurs qui percent l’écran. D’ailleurs, la merveilleuse norvégienne Renate Reinsve, avec cette performance d'un naturel saisissant, a remporté le Prix d’interprétation féminine en clôture de la 74e cérémonie du Festival de Cannes.

 

Le film dresse le portrait de Julie, jeune femme brillante en quête d’elle-même et d’accomplissements, professionnellement et amoureusement parlant. Découpé en douze chapitres rythmés, avant une fin plus lente et mélancolique, l’oeuvre intimiste est ponctuée de surprises tant au scénario qu’à la caméra, et est tout simplement magnifique! D’ailleurs, la cinématographie n’est pas sans rappeler Oslo, 31 août (2011), du même réalisateur, dans lequel certains des acteurs figuraient déjà. Avec des thèmes comme l’âge adulte, les questions existentielles, les attentes dans la vie, l’exploration de soi, les relations, le sexe, la carrière, les spectateurs trentenaires s’y reconnaîtront sûrement!

Julie is turning thirty and her life is an existential mess. Several of her talents have gone to waste and her older boyfriend, Aksel – a successful graphic novelist – is pushing for them to settle down. One night, she gatecrashes a party and meets the young and charming Eivind. Before long, she has broken up with Aksel and thrown herself into yet another new relationship, hoping for a new perspective on her life. But she will come to realize that some life choices are already behind her.

Vendredi 15 octobre 2021 - 17 h 30 - Cinéma Impérial

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FNC2021: La Main de Dieu (È stata la mano di Dio)

La Main de Dieu (È stata la mano di Dio)

Paolo Sorrentino  |  Italie

Long métrage de Fiction  |  130 minutes

VO italien, sous-titres français

Comme chaque année, le public montréalais peut découvrir, au FNC, les films des grands noms du cinéma mondial, comme celui de Paolo Sorrentino, La Main de Dieu, d’ailleurs lauréat du Grand Prix du Jury lors de son passage à la Mostra de Venise.

 

Si vous avez eu l’occasion de voir La Grande Bellezza (The Great Beauty, 2013), gagnant de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère et disponible sur Netflix, vous comprendrez d’emblée que cette nouvelle oeuvre fasse partie des incontournables du Festival cette année et qu’elle soit dans notre liste de films à voir absolument! Nous profiterons donc de cette présentation, en première canadienne, pour contempler à nouveau le travail exceptionnel du réalisateur italien, qui livre des oeuvres sensibles, au penchant nostalgique et d’une immense beauté.

La Main de Dieu plonge dans les souvenirs d’enfance du cinéaste et campe l’histoire dans sa ville natale, Naples, au coeur des années 80.

 

Fabietto Schisa, adolescent mal dans sa peau, vit avec sa famille excentrique et haute en couleurs. Mais son quotidien est soudain bouleversé lorsque Diego Maradona, légende planétaire du football, débarque à Naples et le sauve miraculeusement d’un terrible accident. Cette rencontre inattendue avec la star du ballon rond sera déterminante pour l’avenir du jeune homme.

 

Le film a été annoncé sur la plateforme Netflix pour une sortie en décembre, mais là encore, il vaut pleinement le coup d’être vu au grand écran et c’est l’unique chance de le faire.

Dimanche 17 octobre 2021 - 13 h - Cinéma Impérial

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-  Panorama international  -

La section Panorama international met en relief des voix engagées, tout en conviant les spectateurs à vivre de profondes rencontres humaines. Parmi les longs métrages sélectionnés, notons Unclenching the Fists de Kira Kovalenko, Grand prix Un certain regard à Cannes (qui met en perspective des cinéastes encore peu connus, qui gagnent à être découverts).

FNC2021_ Unclenching the Fists (Razzhimaya Kulaki)

Unclenching the Fists (Razzhimaya Kulaki)

Kira Kovalenko  |  Géorgie / Russie

Long métrage de Fiction  |  97 minutes

VO ossète & russe, sous-titres anglais

In a former mining town in North Ossetia, a young woman struggles to escape the stifling hold of the family she loves as much as she rejects.

Le film prend place dans le North Caucasus, région au sud de la Fédération de Russie, près de la frontière avec la Géorgie. Plus précisément, dans une ville de 3 000 habitants appelée Mizur, fondée à la fin du XIXe siècle dans le cadre d'une opération d'extraction de minerai d’argent et de plomb. On dit que le temps s’y est arrêté depuis bien longtemps... Mais, au-delà des routes poussiéreuses, des falaises grises et des bâtiments en ruine, la réalisatrice a souhaité montrer qu’il y a des personnages remplis de lumière, agissant comme des couleurs vives dans le paysage. Elle porte ainsi à l’écran Ada, jeune femme entourée de 4 hommes, qui désire se sauver de l’emprise paternelle et gagner son indépendance. Mais de quoi ce père essaie-t-il de protéger sa fille?

Le contexte nous interpellait déjà, mais notre choix s’est avéré officiel lorsque nous avons appris que Kira Kovalenko est élève du réputé cinéaste Alexandre Sokourov, tout comme son compatriote Kantemir Balagov qui a remporté la Louve d’or FNC 2019 avec Beanpole, un film qui nous habite encore. Le Festival dit de la réalisatrice qu’elle « pratique un « néoréalisme du Caucase » rugueux, sans tabous et d’une puissance évocatrice stupéfiante. » Et, que ce drame familial poignant, parlant de liberté, mais aussi de ses inévitables fardeaux, est porté par une performance à fleur de peau de l’actrice Milana Aguzarova.

Samedi 16 octobre 2021 - 13 h 30 - Cinéma du Parc

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-  Temps Ø  -

Parmi les films audacieux de la catégorie Temps Ø, des œuvres jouant entre effet de surprise et singularité, il ne faudrait pas manquer l’occasion de voir Irréversible - inversion intégrale de Gaspar Noé.

FNC2021_ Irréversible - inversion intégrale

Irréversible - inversion intégrale

Gaspar Noé  |  France

Long métrage de Fiction  |  86 minutes

VO français, sous-titres anglais

La présentation de ce nouveau montage « à l’endroit » du film culte Irréversible était prévue à Montréal l‘an dernier, avant que le FNC ne soit forcé d’annuler la portion en salle du Festival. Nous sommes ainsi ravis que le film soit de retour dans la programmation cette année, aux côtés des deux derniers longs métrages du réalisateur toujours controversé - Vortex (2021) et Lux Aeterna (2020).

 

Gaspar Noé, maintenant habitué du Festival de Cannes, avait créé une onde de choc à la sortie d’Irréversible en 2002. Encore considéré comme l’un des films les plus dérangeants de l’histoire du cinéma, avec de longs plans particulièrement explicites et d'une extrême violence, il avait carrément fait scandale à Cannes, alors qu’une vingtaine d’évanouissements avait été ressentie en salle!

 

Le film, avec Monica Bellucci et Vincent Cassel (en couple à l’époque), et Albert Dupontel, est composé de treize séquences (dont six longs plans-séquences) tournées intégralement en Super 16 et, originellement montées en ordre antéchronologique (commençant par la fin de l’histoire). Dix-huit ans plus tard, l'enfant terrible du cinéma français remonte son œuvre dans l’ordre chronologique, une “inversion intégrale”, et en dit que c’est une Face B plus emphatique et encore plus cruelle.

Après le viol d'une jeune femme dans un passage souterrain de Paris, son compagnon et son ex mari, qu'elle venait de quitter, se lancent à la recherche du criminel en pleine nuit. La soirée avait pourtant bien commencé pour Alex, Marcus et Pierre, partis en métro chez des amis pour une soirée.

 

Immersion brutale dans une histoire de vengeance à la violence la plus crue, nul ne peut sortir indemne de ce film-expérience.

Mercredi 13 octobre 2021 - 21 h 45 - Cinéma Impérial

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À Montréal, du 6 au 17 octobre 2021

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En ligne, du 6 au 31 octobre 2021

 

nouveaucinema.ca

 

#FNC2021

PUBLIÉ LE 13 OCTOBRE 2021

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