Octobre, riche en activités culturelles à Montréal

PARTIE 2 - Ballet, Danse & Performance

Carmina Burana et Stabat MATER

Les Grands Ballets Canadiens de Montréal

Pour ouvrir en force la saison 2019/2020, les Grands Ballets nous ont convié à un programme double avec Carmina Burana et Stabat MATER, présenté du 3 au 19 octobre à la Place des Arts. De retour après 21 ans d’absence Carmina Burana nous a donné des frissons, alors que Stabat MATER ouvrait grandement la soirée. Les deux oeuvres magistrales réunissaient sur scène non moins de 150 artistes, dont 40 danseurs, 70 musiciens, 40 choristes et 5 chanteurs solistes renommés, pour nous en mettre plein la vue!

 

D’abord, le chorégraphe Edward Clug nous a totalement ébloui avec Stabat MATER, qu’il avait présenté une première fois à Montréal en 2017, à l’invitation des Grands Ballets. Stabat MATER – en latin : « la mère se tenait debout » – poème religieux médiéval du moine franciscain Jacopone da Todi, est l’expression de la profonde affliction de la Vierge devant son fils crucifié. Il a souvent été mis en musique, jusqu’à devenir l’une des œuvres emblématiques du baroque italien. Achevé en 1736, le Stabat MATER musical de Giovanni Battista Pergolesi est d’une expressivité bouleversante, qui nous transporte au cœur même des passions humaines, en portant un regard sur la vie quotidienne des hommes et des femmes, et sur lequel la chorégraphie d’Edward Clug vient offrir à nos yeux un spectacle à la fois spirituel et contemporain. Avec une scénographie et des costumes sobres, en noir et blanc, et par des séquences en alternances, le ballet devient un dialogue hypnotique amenant à la réflexion. Nous étions alors déjà conquis par cette oeuvre métaphysique, avant même le début du spectacle principal.

En seconde partie, le chorégraphe roumain a ensuite revisité la puissante Carmina Burana du XXe siècle. Qui ne connaît pas son premier et dernier mouvement, Ô Fortuna, la célèbre partition de Carl Orff, chefs-d’oeuvre de la musique classique, qui évoque la fatalité du destin? Telle la Roue de la Fortune qui tourne dans un mouvement perpétuel, les danseurs se sont agités à illustrer les péripéties des hommes soumis aux caprices du destin. Un grand cercle servait de structure centrale aux danseurs qui interprétaient en coeur les cycles de l’existence. La mise en scène épurée alliée aux costumes en noir et rouge surenchérissaient le côté dramatique déjà bien présent dans l’opéra. Un tout chargé en émotions!

 

Il faut ajouter une mention toute spéciale à l’orchestre sous la direction de Dina Gilbert, aux chanteurs et aux solistes qui ont rendu cette expérience inoubliable.

Suites Ténébreuses

Agora de la danse

Les 4 et 5 octobre, l’Agora de la danse a présenté l'un de ses spectacles forts de la saison. Suites Ténébreuses la nouvelle création de Cas Public, compagnie canadienne jouissant d’une réputation internationale. Dans la lignée de Not Quite Midnight que nous avions vu en février dernier, la chorégraphe Hélène Blackburn continue de revisiter les contes de notre enfance avec un côté sombre et très adulte. Mais cette fois, nous avons senti qu’elle était passée au niveau supérieur pour nous en mettre plein la vue! 

 

Co-créée avec Lucie Bazzo, conceptrice des lumières et scénographe, l’oeuvre s’amuse à détourner les éléments du quotidien pour réveiller l’effrayant de l’imaginaire. L’espace est plongé dans l’obscurité, avec des effets de contrastes, des trompe-l’œil, des projections vidéos et des objets lumineux, dans lequel cinq danseurs chevronnés entrent en scène pour transformer les peurs en merveilleux. Nous avons été conquis dès les premiers instants! Tout y est! Les danseurs sont à couper le souffle avec une exécution impeccable de mouvements tirés du ballet et de la danse contemporaine. Nous avons adoré la présentation des corps réfléchis par la lumière et comment celle-ci affecte nos perceptions. Et tous les éléments de la mise en scène et du décor savent venir interpeller notre curiosité minute après minute. Encore une fois, l’oeuvre est appuyé par une excellente trame sonore live, merveilleusement jouée par les trois musiciens des Dear Criminals et cela apporte une dimension supplémentaire au spectacle. 

Récital

Usine C

Du côté de l’Usine C, on y présentait la série Body Electric, du 2 au 11 octobre, réunissant quatre créatrices montréalaises dont les œuvres révèlent des mondes insoupçonnés. Nous y avons vu la performance Récital d’Anne Thériault, créée au Festival TransAmériques en 2018. 

 

C’est dans un décor aux allures de petit salon kitsch que nous étions conviés. Trois femmes ressemblant à des poupées bioniques ont peu à peu actionné des objets sonores et lumineux, créant ainsi un univers conceptuel et intriguant. Un orgue, des lampes de poches et des mouvements contemporains, pour un moment feutré hors du temps.

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